Chapitre 9  posté le samedi 31 mai 2008 00:13

Yuuki.


Donc me voilà assis en terrasse, attendant sagement que quelqu’un vienne prendre ma commande, ce quelqu’un étant bien sûr Layn. Je vois cette fille approcher. Je fais mine ne pas avoir choisit. Puis, quand Layn fit son tour en terrasse, je le regardai intensément pour qu’il vienne prendre ma commande, ce qu’il fit dans les minutes qui suivirent. Je lui parlais de ma voix la plus sensuelle qui soit, essayant à chaque fois de me rapprocher de lui. Je pouvais sentir son souffle s’accélérer. J’étais content de mon effet, il commençait à être gêné en ma présence. Il partit rapidement l’air de rien. Mes yeux glissèrent inévitablement sur son postérieur. Il était comme je les aimais. Musclé et rebondi. Un sourire pervers se dessina sur mes lèvres. Je le réprimandai rapidement lorsque je vis quelqu'un revenir avec ma boisson (mon coca !).


Layn.

Je prends la commande d’une famille, mais sentant le regard persistant que l’étudiant me jète, ma timidité masculine prend le dessus et m’oblige ainsi à retourner vite à l’intérieur, loin des regards gênants. J’apporte les boissons à la famille nombreuse, puis me dirige vers le lycéen. Je ne me souviens plus très bien de son prénom.. Yuuri, il me semble.. Ou un truc de ce genre ; Mais autant vous dire que je me fous éperdument de savoir si c’est Pierre, Paul ou Jacques..
Je lui demande avec tout gentillesse et douceur possible, ce qu’il souhaite prendre comme boisson, mais un temps de réflexion ce fait attendre chez lui. Le fait-il exprès de me faire attendre ?
Il me prononça le mot Coco Cola d’une telle façon qu’un gros frisson me parcourt l’échine, je reste là, sans que rien ne ce passe puis fait un quart de tour sur moi même vers la gauche, et pars chercher sa boisson.
Pour tout vous avouer, ce gamin m’impressionne. Pourquoi ne s’intéresse-t-il pas aux filles ? Il en court à chaque coin de rue, et puis il doit avoir un succès fou auprès des filles de son lycée.. Alors pourquoi avoir cette tendance masculine ?

Une main vient se poser sur mon ventre, je ne réalise pas tout de suite, mais à l’écoute de cette voix stridente, qui pourrait ne pas sortir de ses songes ?
Je porte un semblant d’attention aux paroles que me débite Ayame en une seconde. Elle est hyper-active, ce n’est pas possible !!

- Ca va mon Laynachounet ??

Je la regarde surpris par ce surnom absurde.. Quand je vous disais que ça ne volait pas haut  -_-‘ ..
Elle entoure ces bras autour de mon buste, et moi je les pose bêtement autour de son cou.. Autant vous dire, qu’elle fait deux têtes de moins que moi.
J’essaye de m’éloigner de Ayame, mais rien à faire plus je me retire, plus elle se colle à moi. Pourtant, parfois, elle arrive à me faire douter de mes sentiments envers elle.. Parce que même gamine, je m’y attache…. A moitié.
J’attrape le verre de coca cola et le mets entre la méduse et moi. Surprise par la fraîcheur du verre, elle se décolle (enfin) et me regarde.. Sans lui laisser le temps de répliquer je lui indique là où il faut qu’elle l’apporte.

- Table 6.. Avec un air sérieux.

Elle attrape la boisson et pars l’apporter là où je lui ai dit, sans dire un mot, sans protester.. « Elle est naïve, bien trop naïve. »

Je le regarde de l’intérieur du café, il reste là assis sans bouger, fixant un point imaginaire à l’horizon , sans n’avoir plus rien à boire.

Je regarde mon portable.. 17H51.. Bientôt, je partirais.. Bientôt.
Je pars dehors, je débarrasse les tables remplies de verres ou autres, et j’apporte le tout à l’intérieur du café. Peu après, il est l’heure, l’heure de partir, l’heure de quitter son regard.

J’attrape la main d’Ayame, et nous nous fourrons à l’extérieur, là où le lycéen attend toujours.. Nous traversons l’allée de la terrasse main dans la main, jetant quelques coup d’œil vers l’étudiant, toujours planté au même endroit.

Ma petite amie se stoppe net et se pose devant moi..

- Pourquoi est ce que tu regarde comme ça le jeune étudiant ??

- Quel étudiant ? Faisant semblant de ne pas savoir de quoi elle parle.

- Laynachounet ne me prend pas pour une conne..

Je souris face à ce dernier mot qu’elle vient de prononcer..

-    Mais je ne te prends pas du tout pour une conne, c’est juste que je ne sais pas de quel lycéen tu parle.

-    JE PARLE DE CELUI QUE TU REGARDE EN PERMANENCE , CELUI QUI PEUT RESTER 24H/24 ASSIS LE  CUL SUR UNE CHAISE RIEN QUE POUR TE VOIR.. !!!

- Mais..

- Mais tu ne t’en rend même pas compte.. Me coupe-t-elle.

Sur ce coup je ne sais pas quoi répondre.. Une gamine vient de me mettre plus bas que terre.
Se dire que quelqu’un est attiré sexuellement par vous c’est une chose, mais se le faire entendre par quelqu’un d’autre, c’est tout autre chose.. Notamment quand c’est quelqu’un qui, il vous semble, être plus naïve que vous.

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Chapitre 10  posté le samedi 31 mai 2008 00:36

Yuuki

 

Cette serveuse déposa la boisson devant moi tout en me regardant suspicieusement. Je lui lançai un regard noir avant de fourrer mon nez dans mon coca. Elle me regarda quelques instant puis partit, l’air de rien. Rapidement, mon verre se fit vide, mais je ne comptais pas encore partir. Il faisait bon, et j’avais la possibilité d’admirer Layn, alors autant rester ici, quitte à ne rien faire !

Vers 18h, il fit un tour en terrasse pour tout débarrasser, il allait finir sa journée. Je le vis sortir du restaurant quelques instants plus tard, main dans la main avec cette serveuse. Je déglutis, mon cœur se serra. Je me sentais mal, vraiment mal, je souffrais de les voir ainsi, ensemble. Puis, je le vis me jeter un coup d’œil et je devinai un sourire narquois. Je baissai la tête, vexé. Soudain, j’entendis cette serveuse s’énerver :’’JE PARLE DE CELUI QUE TU REGARDES EN PERMANENCE, CELUI QUI PEUT RESTER 24H/24 ASSIS LE  CUL SUR UNE CHAISE RIEN QUE POUR TE VOIR.. !!! ‘’

Parlerait-elle de moi ? Je le crois bien, je pense être le seul débile qui reste assis 24h sur 24 rien que pour le voir… Ainsi il me regarde tout le temps ? Mes joues prirent une teinte rosée. Etrangement, j’étais incroyablement heureux mais gêné d’entendre ça. Je me mettais à la place de Layn et je dois dire que ce n’est pas forcément une expérience agréable ! Je le vis regarder furtivement aux alentours, essayer de répondre quelque chose puis l’emmenant au loin avec elle. Il était beaucoup trop embarrassé pour rester devant moi, et je pense qu’il n’osera plus me regarder dans les yeux. D’un côté j’étais content d’entendre qu’il me regardait sans cesse, d’un autre côté je savais que cette tirade allait m’attirer des ennuis.

 

Et le lendemain, cette idée se confirma.

 

En effet, je pris le métro, même heure, même wagon. Lorsque se fut sa station, il n’était pas là. Je me suis alors dit qu’il était monté dans un autre wagon, je me mis donc à arpenter tout le métro à sa recherche, ce qui fut vain. Il n’était pas monter dans ce métro, c’était une certitude. Il m’avait évité. Il était lâche, très lâche, il n’osait plus réapparaître devant moi.

Puis, lorsque ce fut son heure de travail, il ne se présenta pas au café. Apparemment, il n’avait vraiment pas envie de me voir. L’autre serveuse était là, elle. Elle me regardait toujours de travers, comme si j’avais quelque chose à me reprocher. Elle s’approcha trois-quatre fois vers moi, dans l’intention de me dire quelque chose, mais à chaque fois elle revenait sur ses pas, se résignant. Vers 17h, lassé de cette mascarade et certain que Layn ne viendrait pas, je repartis.

 

Le lendemain, ce fut la même rengaine, je ne vis pas Layn, ni le matin, ni l’après-midi. Le surlendemain, la même chose. Cette serveuse était venue me voir, elle se présenta sous le nom d’Ayame.

’Je sais que c’est à cause de toi que Layn ne vient plus, alors s’il te plaît, ne remets jamais les pieds ici. Tu veux qu’il perde son job à cause de toi ? Il te fuit comme la peste ! Tu n’as pas encore compris ?’’

Je la regardai, un peu surpris du ton qu’elle avait employé. Je lui souris tristement et m’avouai vaincu.

Je repartis chez moi. Il ne voulait plus me voir ? Très bien, je ne le verrais plus non plus. Je ne veux pas de quelqu’un qui me voit comme un monstre, une chose affreuse. A partir de maintenant, je ne viendrai plus au café, et je ne le fixerai plus dans le métro. Il me sera un parfait étranger, point barre. Je rechercherai quelqu’un d’autre qui pourra me comblé. Il n’y a pas que Layn dans la vie. Et puis, je ne veux surtout pas qu’il souffre par ma faute…

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Chapitre 11  posté le dimanche 01 juin 2008 21:37

 

Layn

 

 

          Me faire croire malade pour ne pas bosser au retaurant, et prendre une autre ligne de métro, c'est tout ce que j'ai su trouver pour l'éviter.. Ou plutôt pour éviter son regard qui me perturbe et autre chose de se genre. Vous pouvez me traiter de lâche ou de ce que vous voulez, ce mec me file la frousse. Le fait qu'il me surveille 24H sur 24 comme me le dit si bien Ayame, c'en devient du harcèlement, que vous le vouliez ou non.

Voila deux semaines qui viennent de passer lentement. Je ne sais pas très bien si Yuuki a compris le fait que je ne veuille pas de lui, mais toujours est-il qu'il ne se pointe plus au restaurant, comme avant, d'après Ayame. Oui je suis toujours avec elle, mais maintenant je ne sais pas très bien à quoi elle pourrait me servir, alors peut être qu'on va arrêter.. Seulement, j'ai bien peur qu'elle comprenne qu'elle ne m'a servit simplement pour faire "fuir" Yuuki; Car je l'ai peut être sous-estimée..Elle est bien plus intelligente que je ne l'ai cru.

Je regarde la photo de Emy, posée sur ma commode de ma chambre.. Ma petite amie, celle qui est toujours aux Etats Unis. Je lui avais promis que je reviendrai, et quoi qu'il en soit, je le ferais, Oui, un jour je reviendrai, et on vivra ensemble. Mais cela fait presque un an que nous ne nous sommes pas vus.. Et j'ai peur, peur de la perdre, peur qu'elle aille avec quelqu'un d'autre, peur de ne plus jamais sentir son odeur.. Car c'est elle mon point faible.. Je ferais tout pour elle.
 

If I could, then I would,
I'll go wherever you will go
Way up high or down low,
I'll go wherever you will go


Il est 15H16.. Je suis comme tout les jours, dans le métro pour rentrer chez moi,et repartir pour aller bosser au restaurant.. Oui c'et aujourd'hui que je reprends. A peine ai-je posé le pied à l'interieur du bar, que j'entends ce cri qui ne peut provenir que d'Ayamé.. Je m'arrête et elle se jette à mon cou pour venir m'embrasser, comme chaque jour. Je pars ensuite me changer, et ainsi va commencer mon service.. La terrasse ce remplie peu à peu par les gens, quand je l'apperçois.. Lui, ce même lycéen..

 

" Merde, Ayame m'avait bien dit qu'il ne revenait plus, alors comment ce fait-il qu'il revienne aujourd'hui ?! Me suivrait-il ?"

Puis, non loin de lui, un garçon le suit.. Un garçon qui fait plutôt ma taille, mais je n'apperçois pas son visage, caché par le lycéen. J'ai cette boule au ventre et elle s'emplifie alors qu'il s'approche vers moi.Je le fixe intensément, puis les deux lycéens s'assoient, quand j'apperçois enfin le visage de son compagnon.. Une boule de rage emplit mon estomac lorsque que je m'apperçois que le garçon n'est autre que mon cher frère..

" Rikyu ne fait pas ça !! " Hurlè-je à moi même.

Je sors enfin de l'interieur du restaurant, pour aller le rejoindre. Yuuki me regarde arriver, le sourire aux coin de la bouche, décidemment je le déteste..C'est plus fort que moi, ce mec est une tête à claque.
Quand j'arrive au niveau de leur table, je jette un regard noir à Yuuki, qui celui ci me défi du regard.. Je leur demande ce qu'ils souhaitent prendre puis je repars, comme je suis venu..
Je regarde l'étudiant sourire à mon frère à chaque fois qu'il prononce un mot.. Pathétique.. J'ai envie de lui coller des baffes tellement il me tape sur les nerfs..
Mais quand j'y pense, mon frère n'est pas gay .. ?Alors que fait t-il avec ce crétin ?

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Chapitre 12  posté le mercredi 04 juin 2008 22:06

 

Yuuki

 

Cela faisait deux jours que j’avais décidé de renoncer à Layn. J’essayais de ne plus penser à lui mais rien n’y faisait, il revenait sans cesse dans mes pensées, encore et toujours. Son visage apparaissait par flash, c’était comme si ma conscience me criait de ne pas l’oublier, comme si elle voulait absolument que je souffre. A chaque fois que ses traits apparaissaient, j’entendais Ayame me lancer à la figure ‘’Il te fuit comme la peste’’… ‘’Comme la peste…’’. Ça résonnait comme un écho, et j’avais beau me boucher les oreilles, cela retentissait encore et encore, inlassablement…

Depuis deux jours je sombrais donc dans une sorte de dépression amoureuse. Lamentable ? C’était pire que ça. Vraiment, c’était plus que pathétique et c’était proche du méprisable. Je ne faisais plus rien et ne ressentais plus rien juste à cause d’un mec auquel je n’avais jamais parlé, que je ne connaissais presque pas, et dont je ne savais strictement rien. Pourtant, je l’avoue, pendant un court moment j’avais cru à quelque chose, j’avais cru déceler une attirance mutuelle, et surtout, j’avais cru pouvoir m’incruster dans sa vie comme si ne rien n’était, et pire, j’avais cru le connaître, savoir des choses sur lui…. P i t o y a b l e… Enfin, au moins, maintenant je le sais, c’est sûr qu’après s’être planté en beauté on s’en rend compte plus facilement. Lui et moi sommes inconnus, et étrangers. Point barre. Mais pourquoi, alors pourquoi je ressens ce vide ? Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que plus rien n’a de couleur et pourquoi vouloir que le monde s’effondre maintenant ? Je l’aimais réellement… Voilà pourquoi.

 

Donc voilà deux jours que je sèche royalement les cours. Je pars le matin, je ne prends pas le métro bien sûr. Je me balade, je flâne dans la rue, et j’arrive à un parc où je m’assois tranquillement sur un banc, avec mes écouteurs sur les oreilles, me coupant du monde extérieur. Je me prélassais toute la journée, puis vers seize heures je rentrais calmement chez moi, la tête vide, les yeux dénués d’émotions. Voilà mon quotidien. Passionnant je dois dire. Je connais toutes les chansons sur mon baladeur par cœur maintenant, je pouvais savoir combien de bancs il y avait dans le parc, et j’avais même compté combien de personnes y passaient et combien osaient s’assoire à côté de moi.

 

Puis le troisième jour fut plus palpitant que les autres. Je m’assis sur mon banc, comme la veille et l’avant-veille, je restai ainsi toute la matinée. Vers midi, je sortais mon bentô (boîte repas) et je l’entamai. Un quart d’heure plus tard, il était fini. Vers quinze heures, je remarquai une personne courageuse à côté de moi. Depuis le temps où je restai sur ce banc, je peux vous affirmer que seulement deux avant lui avait eu l’audace de m’approcher (apparemment, je devais avoir une tête qui faisait peur !). Je ne dis rien, attendant qu’il parte, ce qui devait se faire dans les minutes qui suivaient normalement. Seulement, je sentis son regard appuyé. Je me retournai vers lui, le regard glacial. Lorsque j’aperçus son visage, mon cœur ne fit qu’un bond. ‘’Layn !’’ M’exclamai-je. Puis, en le regardant plus attentivement, je soupira tout en souriant. ‘’Ah non… Excusez moi…’.La personne à côté de moi me regarda quelque peu surprise, à vrai dire, c’était le portrait craché de Layn, mais on ne pouvait pas me tromper, bien qu’il lui ressemblât, ce n’était pas lui, ce n’était pas MON Layn, c’en était juste une pâle copie. Il me sourit, gentiment. Combien de fois avais-je rêvé d’un Layn me souriant de cette façon ? Combien de fois avais-je prié un quelconque dieu pour ce geste ? Et là, je voyais un sourire tendre sur un visage similaire à celui de Layn. Il prit la parole.

 

‘’Bonjour, à ce que je vois vous connaissez mon frère ?’’

 

Son frère, pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ? D’accord, je l’avoue je suis un peu idiot, mais pas à ce point quand même ! Je souris timidement tout en hochant la tête. Puis je détournai la  tête, je ne voulais pas qu’il voie mon air embarrassé.

 

‘’ Enchanté, je m’appelle Rikyu, je suis le frère jumeau de Layn. Pouvons-nous parler s’il vous plaît ?’’

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Chapitre 13  posté le jeudi 05 juin 2008 16:24

Je le regardais, il me souriait. C’était un sourire aimable. Contrairement à Layn, ce dernier possédait un petit accent américain. Je le détaillai rapidement. Il ressemblait incroyablement à Layn c’en était effrayant, mais j’arrivais à les différencier facilement. Par exemple, les cheveux de Rikyu étaient plus clairs, son regard était plus doux, ses lèvres esquissaient en permanence un sourire gentil, et pour finir, ils n’avaient pas la même stature. Rikyu était plus musclé que Layn, et cela se voyait à la largeur de ses épaules. Je le regardai tristement.

 

-          Enchanté, je m’appelle Yuuki. Je lui fis un signe de tête pour l’encourager à commencer.

-          Donc, j’ai cru comprendre que tu connaissais Layn. Débuta-t-il tout en s’adossant sur le banc.

-          On ne peut pas vraiment dire ça. Je l’ai aperçu une fois ou deux. Répondis-je tout en détournant une fois de plus le regard.

-          N’importe, tout ce qui m’intéresse est de savoir s’il a une copine.

 

Je le regardai étonné. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Je lui répondit affirmativement en lui indiquant que c’était une serveuse, mais je précisai qu’il ne semblait aucunement attaché à elle. Il me regarda et laissa échapper un long soupir d’exaspération. Puis, il se retourna vers moi une fois de plus.

 

-          Attends deux minutes… Tu t’appelles Yuuki ? Mmm… J’ai déjà entendu ce prénom…

 

Il sembla réfléchir quelques instants. Soudain, j’eus peur, peur qu’il apprît mes sentiments à l’égard de Layn, peur qu’il découvre quelque chose. Je lui bafouillai une rapide excuse et partis rapidement, le laissant en plan.

 

Le lendemain, je me rendis une fois de plus au parc, je n’avais pas oublié la veille, loin de là, mais d’un certain côté je souhaitais le revoir, il me permettait de voir Layn (en moins bien d’après moi) à travers lui. Je me rendis donc sur mon banc, vers quatorze heures, il revint, le sourire triomphant.

 

-          Je me souviens de toi maintenant, enfin rapidement. Layn avait lancé un juron envers toi un jour après un coup de fil ! Et pour tout t’avouer, hier soir, innocemment bien sûr, j’ai demandé à Layn s’il connaissait un Yuuki, et bah tu sais quoi ? Il est entré dans une rage folle, c’était très drôle à voir.

 

Je me levai et commençai à partir, je ne voulais pas en entendre plus. Il m’attrapa par le bras.

 

-          Tout doux mon agneau, je vais pas te manger.

 

Je le regardai méchamment, dégageant mon bras avec violence. Je lui lançai un rapide ‘’on a rien à se dire’’ avant de reprendre ma marche. Il me rattrapa une fois de plus et me souleva sans aucune difficulté pour me reposer sur le banc.

 

-          Et si tu me racontais tout ? Je le regardais étonné, puis tristement.

-          J’ai le choix ?

-          Non.

 

Sans savoir pourquoi, je me mis à tout lui débiter, toute mon histoire. Je mis à nu tous mes sentiments. Je ne le connaissais pas, il représentait l’objet de mes fantasmes. C’est peut-être pour cela que je lui racontais tout, c’était comme si je me confiais à Layn. Il ne sembla ni dégoûté, ni surpris, il ne faisait qu’hocher la tête sérieusement tout en lançant quelques jurons à l’égard de son frère. Lorsque j’eus finit. Il me tapota gentiment l’épaule. J’étais au bord des larmes. Je ne savais pourquoi mais j’avais envie de crier mon malheur. Mais je ne cédai pas. Puis, il me regarda sérieusement.

 

-          Je te propose de l’aide ?

 

Et c’est comme ça que ça débuta, notre plan machiavélique que nous avions nommé RPRLJIFG (Rendre le Plus Rapidement Layn Jaloux pour qu’Il Finisse Gay). Tous les jours désormais, nous nous retrouvions dans le parc aux alentours de quatorze heures. Personnellement, j’avais retrouvé ma bonne humeur habituelle et je m’étais fait un nouvel ami très sympathique. Rikyu était drôle, aimable, enthousiaste et généreux. L’ami parfait. Moi qui n’avais jamais eu de meilleur ami, je pense que ma conception de ce dernier était proche de Rikyu.

 

Puis, le jour J arriva. Deux semaines après notre rencontre. Rikyu avait prévu de m’emmener au café où travaillait Layn pour voir sa réaction. J’avais accepté mais j’étais considérablement angoissé à l’idée que Layn me rejette une fois de plus.

Donc nous arrivâmes au café, l’air de rien. Je vis Layn faire une tête blasée lorsqu’il m’aperçut, mais je sentais Rikyu dans mon dos qui me poussait à avancer remarquant ma gêne soudaine et mon envie pressante de partir en courant. Je pris mon courage à deux mains et m’assis à une table, en compagnie de Rikyu. Cependant, mon courage revint brutalement lorsque je vis la tête de Layn se décomposée peu à peu quand il remarqua que c’était son frère qui était en ma compagnie. Je ne pus réprimer un sourire moqueur. Je lui infligeais ce que j’avais subit, un désespoir profond. Quoi de plus terrible que de voir son frère jumeau, censé être 100% hétéro, en compagnie d’un 100% gay qui l’avait suivit pendant plusieurs semaines ! J’imaginais les pensées meurtrières qu’il avait envers moi.

 

Il se dirigea vers nous d’un pas mécanique. Il se posa devant notre table, raide comme un piquet, un sourire coincé et en articulant lamentablement ’que voulez-vous ?’’. Et là, je dus tout faire pour cacher mon fou rire en me mordant la lèvre lorsque j’entendis Rikyu dire ‘’Et bien… Mon chou ? On prend quoi ?’’ en me regardant. Voyant que j’étais sur le point d’exploser de rire, Rikyu prit les devants. ‘’Bon… On va dire un coca cola pour tous les deux alors, c’est bon, chéri ?’’ J’hochai la tête difficilement, tout en continuant de me mordre la lèvre jusqu’à sang. La main de Rikyu était posée sur la mienne et la caressait doucement. Le regard de Layn tiqua sur le mot ‘’chéri’’ et sur le geste de Rikyu sur ma main. Il fit demi-tour et se précipita dans le restaurant. Là, je pus laisser mon fou rire éclater. Rikyu n’en était pas loin non plus. On riait tous les deux comme des abrutis, étant les seuls de la terrasse à comprendre pourquoi, les gens nous regardant de travers.

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